lundi 22 février 2010

«C'est drôle ce besoin qu'ont les gens d'accuser les autres d'avoir gâché leur existence. Alors qu'ils y parviennent si bien eux-mêmes, sans l'aide de quiconque.» - A. Nothomb

C'est rageant, ce besoin d'extérioriser, cette envie de tout balancer, de cracher au plus vite ce trop-plein qui m'écœure au plus haut point. J'aimerais m'en passer, faire ma belle et narguer cette mièvre tristesse qui affaiblie mon regard et me découvre sous un jour que je méprise. Un stupide bout de papier, deux trois mots griffonés, et c'est mon coeur qui implose... d'amour ? non, plus maintenant. Il ne reste que la colère, la déception et la rancoeur. Mais merde, ça semble parfois si injuste. Plus d'une fois j'ai crisé, telle une gamine capricieuse, prête à gifler le premier qui me oserait me contrarier. Je me suis détestée, de ne pouvoir rien contrôler. J'ai refoulé tout ce qui m'empêchait d'avancer, mais non sans me retourner.

J'ai parlé haut et fort, pour mieux masquer les doutes qu'on me soufflait. Pourtant j'ai eu peur, de tout ce qu'ils disaient, de tout ce qu'ils pensaient. Ces autres, leurs regards ignorants et leurs langues de vipères. Alors je me suis retirée, j'ai fait le vide dans mon coeur pour faire le plein de douceur, et j'ai posé dans une boîte le mépris récolté, pour mieux porter le trésor que je me créais.

[...]

Malgré tout, les batailles livrées, mes efforts pour estomper, rien n'est arrivé à bout de ces démons qui, même enfermés, parvenaient à agiter mes nuits lorsque j'en baissais la garde... J'avais pourtant pris l'habitude de me conditionner, à force d'espoir et de fierté. En vain.
Une soirée, quelques rires couverts par une musique qui agresse, j'exagère mon attitude pour mieux zapper ma solitude, et tente d'assommer mes fantômes en enfilant quelques verres. C'est déjà mieux : j'ai toujours mal, mais j'en ris. Ma langue se délie, j'enchaîne deux trois conneries, et finis par parler de ma vie. Cliché pathétique...
C'est évident; désarmant et emmerdant, certes, mais évident.
J'ai besoin de parler.
Qui sait, à un psy, à un mur aussi. Qu'on m'écoute sans me voir. Qu'on me voit sans m'idéaliser. Qu'on idéalise ma vie. Que ma vie soit stimulée. Qu'on me stimule le coeur. Que mon coeur s'abandonne. Que j'abandonne mes armes.